Les multiples couleurs du Portugal

Les multiples couleurs du Portugal

Des plateaux isolés du Tras-os-Montes à l’Algarve, presque méditerranéen, en passant par les collines verdoyantes du Minho, le vignoble du Douro, les lagunes de la Beira et la plaine de l’Alentejo, le Portugal réjouit le regard, sur un air mélancolique de fado …

La route des Indes

Tapis dans un petit coin de l’Europe, le Portugal, ancienne Lusitanie romaine, est bien à l’étroit entre l’océan Atlantique et sa voisine l’Espagne! De cette discrète portion de terre sont pourtant jadis partis les plus grands descubridores (explorateurs) de tous les temps.
Tout au long du XVe siècle, ceux-ci voguent en quête de la route des Indes, bercés par le doux sentiment nostalgique de la saudade…
La voie s’ouvre avec l’archipel de Madère, les Açores, puis les îles du Cap-Vert … C’est Vasco de Gama qui touchera le premier les Indes en 1498. Deux ans plus tard, on accoste au Brésil, puis à Ceylan et en Chine … Avec la découverte de la route des Indes, le Portugal devient un des royaumes les plus riches d’Europe. Le pays restera pendant deux siècles à la tête d’un large empire colonial qui finira par s’effriter…

Trésor de guerre

Ainsi la vraie richesse du Portugal réside-t-elle bien sur son territoire. Avec le retrait des Maures qui avaient passé le détroit de Gibraltar au VIIIe siècle et les débuts de la Reconquista, les églises ressuscitent avec une énergie débridée et portent en triomphe la sobriété de leur architecture romane, puis plus tard leurs ornements gothiques. Le pays égrène cathédrales, églises et abbayes : cathédrale de Braga, abbaye de Sao Francisco et Santa Clara à Santarém…

Un art majeur

Au Portugal, le noir et couleur disent certains. Difficile pourtant d’ignorer l’or superbe des églises baroques qui resplendissent depuis le règne de Joao V ; le terme portugais barroco signifie “perle de forme irrégulière”. Au XVIIIe siècle, les cargaisons d’or en provenance du Brésil serviront à entretenir les artistes européens auxquels celui-ci fait appel. Le couvent de Madre de Deus à Lisbonne donne un exemple étincelant de ce style…
Le baroque se traduit principalement dans les azulejos et les bois dorés des retables. Il fait suite au style manuélin très exubérant, inspiré des Grandes Découvertes, des monastères de Belém et de Batalha en Estrémadure …

Porto la capitale du Nord

Porto : le pont Dom Luis sur le Douro

Porto a conservé un charme rétro, malgré le grouillement de sa foule laborieuse. Avec Braga et Aveiro, la ville est le premier centre industriel du pays. Ses immenses façades percées d’une multitude de fenêtres s’agrémentent de balcons où flotte le linge suspendu. Perchée sur sa colline, la ville va boire au Douro. Ses églises s’accrochent aux falaises pour aller se mirer dans les eaux de l’embouchure. En contrebas, à Vila Nova de Gaia s’alignent les maisons de Porto : c’est d’ici que jadis les tonneaux partaient vers l’Angleterre. Quel spectacle cela devait être de voir défiler les barcos rabelos, barques servant au transport des fûts ! Fief de la Reconquista, la ville s’est parée de joyaux romans et baroques …

Les fameux azulejos présents à la gare de Porto

Lisbonne la reine du Tage

Place donnant sur le Tage à Lisbonne

La légende attribue à Ulysse la création de Lisbonne. Capitale économique du pays, elle fut jadis le port le plus important entre la Méditerranée et l’Europe atlantique. Par ici transitaient les métaux précieux, les étoffes et les épices venues d’Orient…
Bâtie sur des collines, “la reine du Tage” comme on la surnommait jadis, domine l’estuaire et brille par son architecture classique, qui la fit autrefois passer pour un modèle de cité moderne.

Au rythme des tramways

Tramway dans Lisbonne

Le cœur ancien de la ville déroule ses trottoirs pavés de petits carreaux aux motifs géométriques, et ses façades joliment fardées des bleu, blanc, rouge et vert de la faïence. De nombreuses boutiques aux façades à l’ancienne ont pignon sur rue.
À quelques boucles de tramway de la place don Pedro IV et du quartier populaire de la Baixa, le coin d’Alfama dévide sa pelote de ruelles et de placettes aux maisons dotées de balcons en fer forgé… Plus haut, veille le superbe château de Sao Jorge, ancienne forteresse romaine (castrum), d’où l’on peut embrasser la ville caressée par le cours tranquille du fleuve.
Construite au XVIe siècle pour défendre l’entrée de l’estuaire, la majestueuse tour de Belém est toujours à son poste…

Le Nord du Portugal, un paysage riant

Petit tour dans le Nord, où les jardins potagers en terrasses grimpent sur les collines verdoyantes, délimités par un fouillis de vignes échevelées. D’autres sont piqués de choux portugais, hautes tiges terminées par des feuilles retombant en corolle telles une ombrelle naturelle ! A l’intérieur, s’étendent des forêts sauvages de pins et d’eucalyptus.

La grande plaine

Parcourue de chevaux et de taureaux, la plaine du Ribatejo égrène ses villes adossées à leurs arènes… Elle prélude aux espaces infinis de l’Alentejo, ponctués de villes forteresses moyenâgeuses, comme miraculeusement surgies de terre. Coiffes de leur château, elles surveillent l’horizon. Celle d’Evoramonte demeure un des plus beaux joyaux du genre. Capitale de la région, Evora conserve de sa gloire passée un trésor de temple romain, muraille médiévale, cathédrale, palais, églises et maisons blanches à moucharabieh… Ancien vivier intellectuel, elle a à la Renaissance accueilli de nombreux artistes. Marvao, Estremoz et Montemor-o-Novo l’escortent.

Le temps suspendu

De nos jours, l’Alentejo demeure la première région productrice de liège au Portugal : les arbres au tronc mis à nu jalonnent les routes…
On y croise au milieu de rien quelque paysan au sourire édenté, le chapeau de paille vissé sur la tête et un carré d’étoffe noué en baluchon sur l’épaule… Plus loin, des femmes en noir, la tête encadrée d’un fichu, se penchent pour d’insondables causeries. Alignés sur un banc, des vieillards immobiles sur leur canne songent obstinément devant la plaine interminable, à la recherche d’un lointain passé. Quand la saudade vous tient…

Le Sud une place au soleil

Le Sud partage le bleu de son ciel entre la région de l’Algarve et celle du bas Alentejo. Le second poursuit les étendues de terres désertiques du haut Alentejo avec ses maisons blanches… Malgré son tête à tête avec l’Atlantique, le premier conserve un accent méditerranéen et arabisant. Albufeira, Praia da Rocha, Vila Real de Santo Antonio Silves et Tavira, s’alignent tout le long de la côte. L’été venu, une foule d’estivants viendra s’y faire une place au soleil.
Les montagnes de la serra de Monchique veillent au loin dans un fouillis de végétation luxuriante.

Pèlerinages et fêtes

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de personnes affluent à Fatima. La ville demeure le plus haut lieu de pèlerinage du Portugal. Ailleurs, il n’est pas rare d’assister à l’improviste à une cérémonie ou à une procession à la Vierge… De croiser dans les campagnes quelque pèlerin en chemin son bâton à la main.
Tous les ans, les villes portugaises honorent leur saint-patron durant les romarias : aux processions religieuses se mêlent alors des festivités païennes endiablées : foires, repas en plein air, kermesses, groupes folkloriques, bals populaires et feux d’artifice ou encore courses de taureaux (les touradas, un sport national!) animent les rues…

Un coin de paradis

Le Portugal conserve aussi jalousement son coin de paradis, au large des côtes nord marocaines : Madère et ses voisines Porto Santo et les Ilhas Desertas. Autour du port de Funchal s’étend une végétation luxuriante où la vigne se fait une place de choix.
Ici, on exploitait la canne à sucre et le bois précieux, avant que le Brésil ne devienne un concurrent.

Quant à l’archipel des Açores, il est constitué de neuf îles à plus de 1000 km à l’ouest de Lisbonne : Sao Miguel, Pico, Terceira, Sao Jorge, Faial, Flores, Santa Maria, Graciosa et Corvo. Les efforts pour s’y rendre récompenseront le voyageur opiniâtre …

Le Portugal est spécialisé dans le carreau

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